Il y a quelques millénaires de cela, la quatrième d’un ensemble de dix paroles énonçait clairement :
« …Souviens-toi du jour chômé pour le mettre à part : pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour, c’est un chômage…que tu mettras à part….Tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille ni ton serviteur ni ta servante, ni tes bêtes, ni les immigrés qui sont avec toi… » (traduction libre et partielle)
Texte ancien, décrié ou fanatisé, rejeté ou constitutif, source de destruction ou de structuration…Quoiqu’il en soit : texte fondateur.
Au delà des émotions primaires, il peut être convenable de nous pencher sur ce que nous pouvons entendre.
1) « Se souvenir » : nous, humains, oublions. Nous oublions ce que nos pères ont découvert. Nous oublions vertus ou malheurs, conséquences de tels et tels choix de vie ou de société. Nous nous oublions nous-mêmes, nous oublions jusqu’à notre présent et même notre avenir. Se souvenir est donc primordial. Se souvenir c’est chercher dans notre mémoire personnelle, familiale, collective, historique, le pourquoi originel des choix, des orientations, des décisions, des enseignements, des lois. Se souvenir permet de défaire ce qui a été mal fait, de refaire quelque chose de mieux. Se souvenir permet de continuer ce qui est positif. Se souvenir permet d’actualiser une chose bonne dans son principe, mais inadaptée pour notre situation. Se souvenir c’est fonder nos choix.
2) « Jour chômé » : Nous, humains sommes contingentés par le besoin de se nourrir, se vêtir, s’abriter, et protéger nos enfants, le travail est donc est une nécessité. De plus, dans notre culture occidentale, le travail est aussi constitutif de l’identité individuelle et sociale et entre donc dans les besoins psychologiques fondamentaux de l’être. Pourtant, de tous temps, le travail est autre chose que réponse à tout cela. Instrument primordial de l’autonomie et de la liberté de l’être, il est malheureusement dévoyé par nombre d’entre nous qui font du désir de pouvoir et de possession, ou du sentiment de devoir exacerbé, ou culpabilité mal placée, etc. prétexte à s’asservir et/ou asservir les autres en oubliant le nécessaire repos, l’arrêt indispensable, la suspension primordiale, dont l’être humain a besoin pour prendre de la distance par rapport à la contingence, vivre ses relations : à lui et aux autres, pour aimer et être aimé, pour regarder grandir les enfants, pour entourer nos aînés, pour accompagner les mourants. Pour ne rien faire. Ëtre dans le gratuit , l’apparente inutilité, la vacance, le manque. Pour être dans la confiance aussi. Chômer un jour sur sept, c’est vivre et exister gratuitement. Et plus, peut-être, aujourd’hui qu’hier, avons nous besoin de gratuité vitale. Régulièrement.
3) « Six jours pour accomplir tout son ouvrage »: Contenir. Oui, faire contenir tout notre ouvrage sur six jours, pour chômer le septième. Le travail peut nous posséder 6/7ème des jours. A l’être humain de « faire contenir » tout son ouvrage dans ce 6/7ème. C’est faire preuve d’initiative, d’organisation et de confiance pour l’impossible que de contenir tout notre ouvrage dans un temps limité et différencié. C’est une limitation de notre toute puissance, un rappel à la sérénité et l’humilité. 6/7ème, c’est émettre l’idée d’une valeur du temps, différenciée du dernier 7ème, mis à part.
4) « Pour tout le monde, y compris les bêtes (outils de production), et les immigrés (souvent en situation de fragilité, de tous temps !) » : Un jour à part pour TOUS : Ne considérons pas certaines catégories hiérarchiques ou sociales comme différentes et ne nécessitant pas des mêmes dispositions favorables. Ce 1/7ème là, il est liberté pout tous et chacun. Il est repos des bêtes et des machines, des patrons et des ouvriers, des indigènes et des étrangers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants. Ce jour de chômage est littéralement « mis de côté pour ». Il n’est pas un jour comme les autres, il m’apprend à différencier. Différencier, il y aurait tant à dire sur ce mot : dans la société que nous formons il y a tant de domaines que nous dédifférencions, pour le malheur bien souvent, de beaucoup, voire de tous. Différencier c’est identifier. Ce jour-là est différent, il est liberté : pour tous : pas d’exclusion.
Alors, de quoi se souvenir ? L’être humain est-il plus surhomme qu’avant ? Avons nous une société mieux portante qu’avant ? L’indifférenciation des jours fera-t-elle progresser la société ? Le nombril de notre vie que sont : le pouvoir d’achat, le « quand je veux comme je veux », le « tout de suite et maintenant », la possession, l’asservissement mutuel, le commerce au-dessus de tout autre considération, structurera-t-elle chacun de nous, et les plus faibles en particulier ?
L’être humain n’est il fait que d’achat et de consommation ? Sommes nous aveugles sur le mur dans lequel nous fonçons en mesurant la santé de notre civilisation et de notre pays à la seule aulne des chiffres de la croissance et du commerce extérieur ?
La valeur d’une entreprise se mesurera-t-elle toujours à la seule valeur de ses actions et de leur rentabilité ?
Quand le politique reprendra-t-il la place qui lui convient : rendre la nation auteur de sa destinée, en présentant une vision holistique de la nation et de l’individu, en limitant l’invasion des forces financières dans les décisions de société, en faisant l’autocritique des évolutions de pensées qui ont conduit notre pays dans cette situation de misère sociale et humaine ?
Que nous soyons dans un monde globalisé, certes ! Mais que cela ne soit pas prétexte à abandonner l’ambition d’être une nation de valeurs, une nation qui va vers le haut et qui serait de nouveau un modèle et un repère pour d’autres.
Est-ce le véritable désir des personnes composant les foules que le « j’ai, donc je suis » ? Ou est-ce l’expression la plus facile et connue d’une méconnaissance de ses vrais désirs, une impossibilité de dire son mal-être et de la regarder en face ?
Un jour par semaine, j’ai la liberté d’avoir un temps pas comme les autres, qui m’appartienne, qui me permette, de vivre autrement avec les autres ayant cette même liberté.
Olivier SOMMER (photo à venir....)
- Bonjour Christian Barascud, merci de nous recevoir à
Tourtoirac.
- Bonjour Benoist, Bonjour Katia.
- Pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
- Oui bien sûr. Officier à la retraite, 57 ans, j’habite depuis 4 ans à Tourtoirac où je suis, depuis
cette année, élu au conseil municipal.
-Tu appartiens donc à la quatrième circonscription de la Dordogne dont Dany
Cazauvieilh est la Vice-présidente pour le Mouvement Démocrate.
-Pourquoi avoir adhéré au Mouvement démocrate ?
- J’ai lu en 2007 le livre de François BAYROU « projet d’espoir » et j’avoue que certains passages m’ont profondément ému.
Humaniste de cœur et de conviction, je partage avec François BAYROU, les valeurs de tolérance, de transparence et de solidarité ainsi qu’une exigence environnementale.
Aussi, ai-je décidé d’adhérer au Mouvement Démocrate afin de pouvoir offrir mes quelques compétences et acquis et surtout ma totale disponibilité au service d’un grand homme d’Etat, équilibré, posé, humain.
De par mon devoir de réserve, je n’avais jamais adhéré, auparavant, à un parti politique mais cela ne m’avait pas empêché au fil des années, de me forger une opinion en notant les dérives de la Vème République avec son opacité, son cynisme, ses affaires et son lent dessaisissement démocratique au profit d’un petit groupe d’hommes souvent peu respectueux de leurs engagements politiques.
Et maintenant il convient d’ajouter à ces griefs, la suffisance décomplexée et le goût immodéré pour le clinquant.
Et bien moi, je rêve d’un Etat impartial, humain, transparent et qui donne l’exemple.
Une remise en question de ces us et coutumes de la République est absolument nécessaire. Car ils entretiennent l’insatisfaction voire la défiance des citoyens à l’égard de la représentation politique et du pouvoir.
-Tu as été élu Secrétaire départemental du Modem Dordogne fin septembre ?
- Oui et je suis fier de faire partie d’un mouvement en devenir qui ne vitupère pas à tout
bout de champ mais s’attache à construire l’avenir avec sérieux et talent sur un projet humaniste dans un monde connaissant une crise d’ampleur séculaire.
Nous sommes issus de la société civile, donc pas des professionnels de la politique. Nous sommes des citoyens de bonne volonté, convaincus et mobilisés pour véritablement changer les choses.
C’est dans l’union et l’action que l’on fait de grandes choses en s’appuyant d’une part, sur ce que nous avons en commun mais aussi, en confrontant et valorisant nos différences et en ayant le désir premier de placer l’être humain au cœur de nos préoccupations.
Il est
urgent de ne plus opposer les français les uns aux autres, de s’intéresser véritablement à leur problèmes concrets, de construire une démocratie plus vivante. C’est en cela que nous entendons
être à la fois des rassembleurs et des rénovateurs.
-Quels sont tes souhaits pour le projet
départemental du Modem ?
- Notre Président départemental, Marc MATTERA, à qui je voue une amitié fidèle, nous a tracé la feuille
de route pour porter, auprès des périgourdins, le projet national de François BAYROU, mais également le projet départemental, en cours d’élaboration, afin de donner une position MODEM sur les évènements locaux dans une démarche constructive et positive. Nous irons au devant d’eux en organisant des réunions au niveau
des circonscriptions et des cantons.
-Comme vous l’avez fait à Montignac, avec la quatrième circonscription, il
y a quelques jours…
- Oui et je peux rajouter que se mettent en place des commissions thématiques,
permettant à tous les adhérents du département de faire entendre leurs points de vue, et balaieront tout le spectre de la vie quotidienne de nos concitoyens afin d’apporter des réponses
claires et efficaces aux difficultés rencontrées.
Nous serons, en cela, également aidés par notre Président départemental JEUNES Florimont CARTON, qui organisera toute une série de « cafés démocrates » pour les jeunes à Périgueux.
C’est là toute la force de notre mouvement.
-Sais tu quels seront les principaux thèmes de ces
commissions ?
- Parmi les thèmes de notre projet départemental seront particulièrement
étudiés :
Ø La carte des médecins en milieu rural,
Ø L’économie,
Ø L’artisanat et le commerce,
Ø Le développement de nos territoires…
avec une constante comme fil directeur : la prise en compte de l’aspect développement durable.
Nous pèserons ainsi sur la politique locale avec la volonté affirmée de faire
tomber les barrières et de redonner sa vraie place à l’éthique en conformité avec les chartes des valeurs et de l’éthique adoptées par notre mouvement.
- Quelques mots Christian, pour conclure…
Favoriser l’installation d’une entreprise, remédier à la situation précaire d’une famille,
soutenir un projet culturel ne sont pas des initiatives de droite ou de gauche. Cela n’a rien à voir avec l’intérêt d’un clan politique, d’une
idéologie… C’est simplement placer l’homme au centre de l’engagement politique !
Les
responsables MODEM n’entendent pas être de simples gestionnaires. Ils veulent participer à une nouvelle définition de la cité et du « vivre ensemble » dans nos communes de
Dordogne.
C’est pour défendre cet idéal que je me suis engagé activement au sein du MODEM.
-Merci Christian, d’avoir participé aux e-entretiens du Modem
Dordogne .
-Merci Benoist, merci Katia
A bientôt .
Benoist Guillet et Katia Hamadi, chargés de communication au Modem Dordogne
Rappelons tout d’abord que les commerces dits "de nécessité" ouvrent déjà le dimanche (épiceries, supermarchés, artisanat de bouche, surgelés, fleurs, resto...) sans avoir à demander l'autorisation. Il y a donc des salariés qui y sacrifient déjà…
La réforme concernera principalement les hypermarchés qui font plus leur beurre dans le non alimentaire … (ce même non alimentaire les interdisant d’ouverture le dimanche) et les spécialistes du foyer et de la culture « de masse ».
Pour les commerces qui emploient des salariés, progressivement, la réglementation se fait plus souple, 5 dimanches puis 7 dimanches, zones touristiques... sans oublier que certains petits malins ont trouvé la parade en transformant leurs salariés en associés… Mais ne nous y trompons pas, certaines enseignes rechignent aussi à ouvrir simplement parce que ça coûte cher ! Conséquence de la réforme : les plus costauds financièrement ouvriront le dimanche et "achèveront" les enseignes moins solides, pour qui le supplément de salaire sera une charge trop lourde. Les salariés de ces enseignes là se retrouveront au chômage, on assistera à une concentration de la distribution, la diversité de l'offre en souffrira et quand la concurrence sera allégée, rien n’empêchera les prix d’augmenter !
Enfin, le dimanche deviendra un jour comme les autres : lorsque la grande distribution se plaindra d'avoir à payer trop de primes, le gouvernement se fera un plaisir de modifier le code du travail... Restera à ouvrir la nuit pour gagner plus... Les gens seront corvéables, principalement dans le commerce, qui n'existera plus qu'en périphérie. Leur faire croire qu’ils auront le choix de travailler plus pour gagner plus est illusoire ! Mais il sera trop tard pour faire machine arrière. Et d’ailleurs est-ce un choix d’avoir à travailler le dimanche parce qu’on est mal payé le reste de la semaine ?
Qu’est-ce qui empêchera par la suite de décréter que les employés des banques, les chauffeurs de bus, les employés de parkings, des grossistes, des administrations, (tout le monde quoi) devront suivre l'exemple ? Tout ce qui est indispensable à la bonne marche des commerces et à la satisfaction des consommateurs ne devrait-il pas être ouvert ? Et, là se posera un nouveau problème à ces travailleurs qui sont aussi des consommateurs : quel jour vont ils bien pouvoir faire leurs achats en famille -s'il leur en reste une !- ?
Les indépendants eux, peuvent ouvrir tous les jours que le Grand Barbu fait et s'il leur prête vie : quand on est seul à tenir son magasin, ouvrir non stop chaque jour et tous les jours, ça se termine au cimetière. Jusqu’ici, hors les périodes touristiques ou festives, ils s’accordaient un répit en fin de semaine. Si les "grands" ouvrent tous les dimanches, ils seront obligés d’ouvrir.
Non seulement ils s’épuiseront, mais ils ne feront pas le poids parce que la force d'attraction des grandes zones commerciales est irrésistible pour la plupart de nos contemporains, sensibles à la sirène trompeuse des promotions, du toujours « moins cher ». La relance de la consommation se fera sur le dos des commerces traditionnels et des derniers producteurs nationaux ou européens. Elle favorisera les « made in China ». Les centres villes seront désertés et nos marchés du dimanche n'auront plus qu'à plier boutique.
Rappelons à toutes fins utiles qu'une grande partie de la population salariée bénéficie de RTT (jusqu’à 24 jours par an en plus des congés) et qu'on ne va pas acheter un canapé, un frigo, un écran plat ou une voiture tous les 4 matins ! Internet permet également de faire des choix en famille avant de passer à l’acte d’achat.
En outre, le "camembert" du revenu disponible n'est pas plus gros sous prétexte qu'on peut dépenser plus le dimanche. Fatalement, on dépensera moins un autre jour... Ceux qui disent le contraire oublient de préciser que si certains acheteurs du dimanche dépenseront plus, c’est qu’ils s’endetteront plus. Les sociétés de crédit se frottent déjà les mains.
François BAYROU insiste sur l’aspect le plus inquiétant de cette réforme : c'est la disparition de ce rendez-vous hebdomadaire familial, qui doit permettre aux gens de se retrouver, de s'occuper de leurs aînés, de leurs enfants, d'aller en ballade, de se rendre dans les musées, de faire du sport, de participer aux rendez-vous associatifs ou simplement de vivre la vie de la ville et ses rendez-vous festifs.
Le socle de la cohésion s'effrite au rythme des réformes qui nous réduisent à l’état de consommateurs en oubliant que nous sommes simplement des citoyens, des êtres humains, une "foule sentimentale"
comme le dit si bien la chanson, avec des aspirations autrement plus hautes que celle de "faire ses courses le dimanche" ! C’est la déstructuration de notre société au nom d’une nouvelle
philosophie : « j’achète donc je suis ! »