Partager l'article ! "Borloo, écologiste en théorie et en image, pas en réalité": Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement Démocrate et ancie ...
Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement Démocrate et ancien dirigeant des Verts, était interrogé par le journal Le Parisien, dimanche 26 juin.
Il y a porté un regard très sévère sur les ambitions et le bilan de Jean-Louis Borloo.
Le Parisien : Jean-Louis Borloo réunit ce dimanche les formations centristes à Epinay-sur-Seine. Le MoDem n'y sera pas. Pourquoi?
Jean-Luc Bennahmias : Parce qu'il s'agit surtout d'une belle réunion de la majorité présidentielle et de l'UMP.
Le Parisien : Mais Jean-Louis Borloo a quitté l'UMP?
Jean-Luc Bennahmias : Le plus grand nombre de ses députés y est resté.
Le Parisien : L'ancien Vert que vous êtes le voit-il comme un écologiste?
Jean-Luc Bennahmias : En théorie et en image, il l'est. Mais en réalité, Borloo n'est pas écolo. Regardez ce qu'il est advenu du Grenelle de l'environnement, ou son bilan au
ministère : c'est lui qui a signé les décrets autorisant l'exploitation des gaz de schiste. On ne l'a pas entendu protester quand la taxe carbone est tombée à l'eau. Pas davantage lorsque les
députés ont largement complexifié les permis d'exploitation de l'éolien. Idem quand le tarif de production de l'énergie solaire est modifié. La liste est longue. Si le Grenelle était une
structure de discussions réussie, la suite est un échec total. Jean-Louis Borloo n'a jamais voulu risquer son portefeuille ministériel pour empêcher ce détricotage.
Le Parisien : Pensez-vous qu'il maintiendra sa candidature à la présidentielle jusqu'au bout en 2012?
Jean-Luc Bennahmias : Cela ne dépend pas que de lui. Dès qu'il s'agira de parler des investitures aux législatives, 90 pour cent de ceux qui disent le soutenir aujourd'hui
n'hésiteront pas à lui faire comprendre que leur souci principal n'est pas de le faire élire à l'Elysée. Il risque de lui arriver - toutes proportions gardées - ce qui est arrivé à Hervé Morin,
qui s'est retrouvé très seul quand il s'est agi de sa candidature.
Le Parisien : Au fond, François Bayrou est devenu le centriste « préféré » de l'Elysée. Cela ne vous gêne-t-il pas?
Jean-Luc Bennahmias : Nicolas Sarkozy sait bien que François Bayrou sera candidat, qu'il n'est pas manipulable et qu'il aura un électorat large issu du grand champ
social-démocrate, écologiste et humaniste. Un espace vide aujourd'hui.
Le Parisien : Faut-il organiser des primaires au centre?
Jean-Luc Bennahmias : Tout le monde ne joue pas dans la même cour. Il y a les indépendants et ceux qui sont dans la logique d'une alliance obligée avec l'UMP. Comment pourrait-on
faire une primaire avec ça? François Bayrou ne l'a jamais envisagé et ne l'envisagera jamais. Sa candidature ne sera pas estampillée MoDem ou Centre. Elle en sera issue, mais sa vocation sera de
s'élargir. On se mettra en capacité d'accueillir tous les déçus de Borloo, des Verts, du PS. Cela n'exclut personne, ni les radicaux ni même ceux qui avaient quitté François Bayrou pour fonder le
Nouveau Centre.