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L’intercommunalité à la sauce Périgueux
Nulle part ailleurs, une recomposition de l’intercommunalité n’aura été plus nécessaire qu’à Périgueux. L’enjeu en est simple : revenir sur ce qui n’aurait jamais dû être, la séparation artificielle de Périgueux et de Boulazac, pourtant unis dans une même zone économique et urbaine.
Leur réunion était bien sûr un des points essentiels du projet de rationalisation des intercommunalités présenté par la préfecture il y a quelques mois, et qui préconisait l’adhésion de Boulazac et de quelques autres communes avoisinantes à la Communauté d’Agglomération de Périgueux (CAP).
Celle-ci a tout à gagner à un tel élargissement ; qu’il s’agisse bien sûr d’adapter son périmètre à la réalité économique et humaine, ou qu’il s’agisse de bénéficier et de s’inspirer du dynamisme remarquable insufflé par son Président à la Communauté de Communes d’Isle Manoire.
Mais comme toujours en Périgord derrière une négociation tortueuse sur le périmètre de la future CAP, se dissimule en réalité une lutte sourde de pouvoir. Qui assumera la présidence ? Les caciques socialistes, Messieurs Bérit-Debat et Moyrand, qui sont dans la place et entendent la garder, auraient voulu que Boulazac vienne dans le plus simple appareil. Jacques Auzou entendait pour sa part arriver avec toute sa cour de communes liges. Et tout ça bien sûr, au nom de l’intérêt supérieur des populations concernées… Ce furent des négociations totalement opaques, du moins pour les élus des oppositions municipales. Du coup, la discussion, pourtant essentielle, sur les compétences de la future CAP s’en est trouvée marginalisée.
A l’arrivée de la course, c’est le plus fort, mais aussi le plus malin, qui aura gagné. Toute la communauté d’Isle Manoire va rejoindre la CAP qui va passer de treize à une trentaine de communes, y compris certaines qui ne vivent pas dans l’orbite de Périgueux. Ce sera un moindre mal si la CAP y gagne un Président en mesure de contribuer à réveiller Périgueux, cette belle endormie.
La réforme de l’intercommunalité est l’un des trois volets de la réforme territoriale, avec le redécoupage des compétences entre le département et la région et d’autre part la création d’un Conseiller territorial siégeant aussi bien au département qu’à la région. C’en est aussi le volet le moins discutable, dont la pérennité semble assurée au-delà des échéances électorales de 2012. Pourquoi aura-t-il fallu que des combinaisons politiciennes viennent en perturber, sinon en dévoyer, la logique ?
Jean-Paul Mingasson
Conseiller municipal de Périgueux