Pas plus d'argent de l'État, pas plus d'impôts locaux. Le maire s'est livré à un exercice compliqué jeudi soir en Conseil municipal : annoncer une année d'investissements et de chantiers, tout en stigmatisant l'appauvrissement des collectivités locales par la « recentralisation », mais sans demander plus aux Bergeracois - vue la bronca de l'année dernière - et les élections régionales qui se profilent... Le tout, avec cette nouveauté à Bergerac : la mairie veut voter son budget en décembre, et non plus en février ou mars, afin de gérer sur une année civile.
Menace
Jeudi soir, il s'agissait de débattre des orientations budgétaires, préalable légal au vote du budget. Problème : le budget 2009 est en chantier, l'exercice 2008 n'est pas clôturé et, à cette époque de l'année, l'État n'a pas fait savoir toutes ses intentions budgétaires.
Ainsi, le document d'orientations ressemble plus à un catalogue d'intentions qu'à un véritable document de prospective financière. « Vous ne présentez pas les grandes masses de recettes et de dépenses : ce n'est pas sérieux », attaque Adib Benfedoul (UMP) qui menace de saisir la préfecture. Marc Léturgie (Modem) bisque aussi sur le « manque de précision et de projets chiffrés » et demande de remiser le débat.
Dominique Rousseau soutient que c'est un débat « sur les grandes lignes » et Claude Lhaumond (PC) évoque, certes, « le trouble » d'un budget avancé, mais rassure : un débat aura bien lieu le soir du vote du budget. Et, finalement, la droite range ses menaces.
Un budget plus tôt, donc, mais pour quoi faire ? Après une longue tirade sur la croissance en panne, la dette « explosive » et les incertitudes budgétaires pour les collectivités locales, il fallait bien que le maire explique comment financer les projets à venir.
Marquer l'avenir
Réponse : des partenariats privé-public, des demandes de subventions tous azimuts et des « solutions innovantes » pour régler les déficits. Exemples : le changement de statut du CFA, le budget consacré à l'aéroport négocié à la baisse.
Et le maire de brosser une année de « grands chantiers qui marqueront l'avenir ». Il liste : soutenir la formation (CFA, Lycée des métiers) ; réhabiliter l'école du Bout-des-Vergnes, « le chantier important qui marquera la mandature » ; valoriser la rivière ; illuminer la ville ; rénover les églises et la voirie ; dynamiser le commerce... Ou encore tenter d'obtention du label Ville d'art et d'histoire. « Un choix économique capital, pour capitaliser sur les flux touristiques et devenir la porte d'entrée dans le Périgord », selon Fabien Ruet, adjoint à l'urbanisme.
« C'est beau, ça fait rêver », ironise Liliane Brandely (Modem), qui fait le catalogue des réalisations des deux mandats Garrigue et souhaite au maire « de réaliser la moitié de ce bilan », avant que Marc Léturgie siffle la fin du match : « Il faut arrêter ce débat sur les bilans. Chacun a fait son lot, Manet, Garrigue et vous. » Prochain round, le budget, en décembre.
31 août 2010
31 août 2010
30 août 2010